On m’a récemment demandé des conseils en peinture sur verre, sur les matériaux, les outils, les techniques.

J’en profite donc pour faire un point. Evidemment, c’est un art qui est long à prendre en main, à mi chemin entre la chimie et les techniques de dessin traditionnelle, ou encore la gravure, dont on retrouvera certains gestes.

Je vous livrerai donc mon expérience, elle est personnelle et s’est construite au contact d’autres personnes mais également lors d’expérimentations.

Lorsque j’ai commencé la peinture sur verre, je suis allée voir Justine Dablanc à Paris, j’y ai passé tous mes lundis pendant un an. Une année de copies de différentes époques qui sont toujours pour moi aussi importantes, d’un point de vue technique, j’y ai appris beaucoup. Des bases qui me semblent toujours aussi solides aujourd’hui.

Puis je suis arrivée à Lyon où j’ai rencontré Maryline Monel avec qui j’ai également passé une année.  A son contact j’ai orienté mon travail vers l’expérimentation. Son approche de la peinture est différente du fait de sa pratique de la gravure, qui, il me semble a nourri sa manière de peindre le verre.

Dans ma boîte à outils il y a beaucoup de choses, mais je vais aller à l’essentiel pour commencer.

  • La palette en verre avec son couteau : une palette large et dont les bord sont ébarbés afin de ne pas tailler les pinceaux, un couteau en métal afin de broyer les pigments finement.
  • Les pinceaux : en poils naturels, il sont précieux, ils ont tous un usage particulier que l’on verra.
  • Les grisailles, cémentations et émaux : les couleurs sont variées, selon ce que l’on veut rendre, on ne choisira pas le même pigment.
  • Le petit banc : afin d’appuyer ses mains pour peindre sans toucher le verre et sans trembler, étrange outils au début, il devient votre meilleur ami assez rapidement  (en ce qui me concerne !)
  • La table lumineuse : sans elle, vous aurez bien du mal à voir ce qu’il se passe sur votre verre.
  • L’ensemble ne serait rien sans un four pour cuire les peintures. Comme vous le savez peut-être, les grisailles, émaux et cémentations sont fixées par cuisson

Pour peindre, il faut d’abord avoir réalisé une ébauche ou un dessin assez poussé ce que l’on va réaliser. Cela permet d’anticiper l’ordre des couches de peintures, les médiums que l’on va utiliser (eau, vinaigre, essence…). En fonction de ses besoins d’opacité ou de transparence on pourra également opter pour des dilutions de pigments différents.

A mon sens, il faut penser la peinture sur verre en couches. C’est à dire qu’il faut décomposer le travail : traits, modelés, rehauts, émaillage …. autant d’étapes qu’il faut pouvoir organiser selon un ordre qui peut changer en fonction de vos besoins. Par exemple, on peut commencer par les modelés avant de faire les traits ou l’inverse !

Le tout est de travailler en sachant où l’on va !

“C’est une qualité, dans la pratique, de savoir s’arrêter à temps. Le soin excessif apporté à finir n’est pas seulement inutile, il est nuisible, il porte atteinte à la transparence, à la vigueur du vitrail, lorsque celui-ci est placé au lieu qu’il soit occupé.”

La peinture sur verre au 16ème siècle et à notre époque. L. Charles